Comportement social

Ecrit par groingroin | Dans Comportement naturel | Le 23-08-2010

Les cochons ont un comportement social très différent de la plupart des espèces domestiques. Ils ont une vie sociale très hiérarchisée, et ce dès leur naissance : ils vont s’affronter pour se répartir les différentes mamelles de leur mère. Ils naissent avec des dents très aiguisées pour pouvoir se battre entre eux !

Une fois qu’ils se sont répartis les différentes mamelles entre eux (ils tètent toujours la même mamelle), ils se battront à chaque fois qu’un de leurs frères ou sœurs essayera de la leur voler ! A priori, le fait d’établir cet ordre aide à prévenir le besoin de toute autre agression concernant l’allaitement en assurant à chacun assez de lait. En général, le plus gros de la portée gagne la mamelle la plus productive. Du coup, il grandit et grossit plus vite que les autres et garde ainsi son statut de dominant jusqu’au sevrage. L’agressivité commençant dès les premières heures de la naissance joue un rôle très important dans la vie des cochons.

Une approche originale à la mamelle !

Le même type de hiérarchie sociale va se mettre en place dans un groupe de cochons fraîchement constitué. A chaque fois qu’un cochon est mis en présence d’un autre cochon qu’il ne connaît pas, il va y avoir confrontation jusqu’à ce que leur place (dominé / dominant) soit bien établie.

Une bataille dans les regles de l'art

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Les affrontements augmentent dans les heures qui suivent la présentation des cochons puis s’estompent rapidement les jours qui suivent. La plupart des études montrent que la hiérarchie est relativement stable au bout de sept jours. Les comportements agressifs incluent : la charge et le fait de pousser violemment l’autre individu (tête, cou et épaule). Lorsque les affrontements se corsent alors pincements et morsures prennent place (oreilles, joues, cou, épaule).

Trace de dent !

Les cochons peuvent aussi renverser leur adversaire en plaçant leur tête en dessous du corps de l’autre, le soulevant du sol et le renversant. Un cochon peut en menacer un autre en faisant mine de l’attaquer bouche grande ouverte ou bien feindre une morsure sans pour autant qu’il y ait contact. Le geste le plus commun montré par le cochon vaincu est un léger abaissement de la tête (en la détournant de la direction du cochon vainqueur). Le cochon vaincu peut alors s’enfuir en étant pourchassé par le vainqueur. La fuite n’inhibe pas toujours de futurs actes d’agression de la part du cochon dominant.

Attaque "bouche ouverte"

Une fois que la hiérarchie est bien établie, l’approche du dominant peut engendrer la fuite du dominé. L’existence de signaux de soumission chez les cochons est encore un sujet de débat. Certains chercheurs suggèrent que le fait de détourner la tête de la direction du dominant est un signe de soumission. D’autres pensent que c’est le fait de fuir ou de s’en aller à l’approche du dominant qui montre la soumission. Il est de plus en plus évident qu’il existe un « ordre d’évitement » qui limite en fait les agressions entre les cochons. Les études montrent aussi qu’il y a beaucoup plus d’affrontements lorsqu’on présente deux cochons de taille et de force similaires. Il apparaît que les cochons évaluent la force de leur adversaire, ainsi que leurs chances de vaincre ou de perdre la bataille en conséquence. Il y a donc moins d’agressivité dans les affrontements entre cochons de taille et poids différents qu’entre individus similaires physiquement./p>

Le statut de dominant dans le groupe donne à l’animal plus de liberté quant à l’accès à la nourriture, à l’abri, aux places de choix, à se reposer et aux partenaires sexuels. Dans les groupes de cochons confinés dans des endroits de petite taille, la plupart des agressions à lieu lors des repas.

Négociations pour l’accès à l’eau ou à la nourriture

Les études ont montré que le nombre d’agressions augmente lorsque les cochons sont placés dans des endroits exigus. On peut faire diminuer l’agressivité en donnant un environnement enrichi (jouets, occupations).

Comme dans leur environnement naturel, les bébés cochons qui ont été présentés à d’autres portées de cochons dans leur jeunesse se battent moins lorsqu’on les réunit à nouveau plus tard. Ils se reconnaissent. C’est pourquoi laisser le temps à des cochons qui ne se connaissaient pas, de faire connaissance (dans deux enclos contigus par exemple) diminue les chances d’affrontement lorsqu’ils seront mis ensemble, même si les risques ne sont pas nuls.

Des comportements de rébellion (un individu dominé se montrant agressif envers un individu dominant) sont assez communs chez les cochons. Et même en cas d’agressivité sévère de la part d’un subordonné envers un supérieur, ce dernier peut simplement détourner sa tête de la direction du subordonné. Des petits groupes de cochons se connaissant bien ont plus de chance de montrer des comportements de rébellion et des relations de dominance assez floues. Plus il y a d’individus plus les chances d’interactions agressives augmentent. Dès lors, il serait plus exact de considérer que les relations entre les cochons sont bidirectionnelles et non unidirectionnelles, comme c’est le cas avec les autres espèces d’animaux domestiques.

En résumé, un ordre hiérarchique est établi dès lors que des cochons sont mis ensemble.

Tout nouvel arrivant dans le groupe sera affronté afin de déterminer sa place au sein du groupe. Une fois qu’ils ont clairement établi qui était le dominant et le dominé, ils vivent plus paisiblement.

Mais si jamais un cochon normalement dominant montre des signes de faiblesse, alors il y aura confrontation à nouveau. Le dominé ne se sentira plus en sécurité et ne fera plus confiance au dominant pour le guider. Le cochon aura toujours tendance à essayer de grimper d’une place dans l’échelle sociale s’il en a la possibilité.

Vous devez garder ce principe en tête, car toute l’éducation de votre animal se base dessus.

Le cochon remettra toujours votre autorité en question… à la moindre occasion !